Et l’IA impacte les ESN, et nous ajoutons : « au point que certaines pourraient déguiser des licenciements économiques… »
L’actualité boursière de la semaine dernière pointait l’ESN Cap Gemini, dont l’agence Morgan Stanley disait que l’activité serait impactée par l’IA en 2026.
Cette semaine le 20 janvier, Cap Gemini annonce par voie de presse que 2400 postes seront supprimés en 2026 !
De nombreuses difficultés d’emploi impactent les salarié(e)s des entreprises de services numériques (ESN ex-SSII).
Les conséquences de la mise en oeuvre de l’IA, ou tentatives, sont bel et bien visibles dans ces entreprises qui, par des stratégies de gestion de ressources humaines court-termistes (avec parfois un turnover 50% !), n’ont pas pris la peine de former le personnel.
Mais ces entreprises subissent aussi sans aucun doute l’adoption de l’IA, ou tentatives, par les clients : les clients de prestations de services numériques voient bien dans l’IA la possibilité de remplacer des prestations de développeurs informatiques. En effet ces outils savent programmer en n’importe quel langage.
Alors, pour faire face, les pratiques de gestion du personnel sont de plus en plus « décomplexées ». Notamment dans les entreprises du groupe Astek, dans lequel le syndicat est représentatif.
Le groupe emploie environ 3400 salariés contre 3800 l’an dernier. Si ce ne sont pas des réductions de postes « consultant » et « ingénieur », qu’est-ce donc ?
L’entreprise a-t-elle consulté le CSE sur la mise en oeuvre de l’intelligence artificielle et ses conséquences sur l’emploi ? Non. Tout juste une discussion de comptoir en CSE lorsque les élus ont insisté pour inscrire un point à l’ordre du jour d’une réunion il y a plus d’un an.
L’entreprise a licencié des centaines de collègues pour fautes graves en 2024, 4 fois plus qu’en 2023 et 8x plus qu’en 2022 ! Et parmi ces fautes graves en 2024, 70% ont donné lieu à transaction financière, pour éteindre un potentiel litige prud’homal. C’est bien que toutes ces fautes graves n’en sont pas !
Au regard du nombre de salariés que nous avons à conseiller chaque semaine partout en France, lorsqu’ils font face à des pressions ou des propositions de licenciement transactionnel (avant même qu’ils aient commis la moindre faute !), on peut estimer à plus de 250 le nombre de « faux licenciements » pour motif personnel en 2026. Auxquelles s’ajouteront plusieurs dizaines de ruptures conventionnelles dont l’initiateur (employeur ou salarié) est inconnu…
Nous sommes destinataires de nombreux témoignages dont des extraits ont été publiés sur le réseau linkedin.
Mais pourquoi donc procéder ainsi ?
Car aucune méthode normale ou légale de dialogue social ne semble opérer dans l’entreprise.
En effet, depuis le début de l’année 2025, les demandes de négociations de plan de départ de la part des organisations syndicales restent vaines.
Les salariés de ces entreprises, largement dispersés chez les nombreux clients (plus de 500 localisations en France), sont éloignés des pratiques jusqu’à y être individuellement et brutalement confrontés, et sont évidemment difficilement mobilisables.
Faites nous part de vos témoignages, c’est une aide pour toutes celles et ceux qui voudront défendre leurs droits !

