Télétravail interdit en période de trop forte chaleur !

Interdire le télétravail parce qu’il fait trop chaud, c’est ce qu’a décidé une entreprise de services numériques située dans le sud de la France. Le raisonnement est simple : les collègues ne sont pas tous logés à la même enseigne, c’est le cas de le dire.

En effet, alors que Julie possède une maison où elle a fait installer la climatisation, Amine vit avec sa famille dans un 3 pièce traversant, ce qui lui permet de faire des courants d’air au moins. Romain quant à lui, jeune cadre dynamique, loue un studio. Exposé plein sud d’ailleurs. Romain se sent fatigué, et sa tête lourde, son cerveau ralenti, lui qu’il font craindre qu’il soit inefficace.

Le chef d’entreprise, conscient qu’il reste responsable de la santé de ses collègues lorsqu’ils sont « au travail », est bien embêté.

Cela ne rappelle-t-il pas la période de confinement pendant la crise sanitaire ? Alors que l’on a fini par découvrir que le télétravail n’était pas l’occasion de prendre des congés à bon compte, ou de réduire le temps de travail, loin s’en faut, on découvrait aussi que les travailleurs n’étaient pas tous égaux devant les conditions d’exercice du télétravail.

Il s’agissait de santé, d’équipement et d’environnement à la maison : Amine et ses 2 enfants, dans son 3 pièces avait un peu de mal à se concentrer, même s’il avait réarrangé la chambre parentale en combiné bureau-dodo… Sa compagne travaillait dans le séjour. Johanna, qui vivait en studio à l’époque, et dont le travail nécessitait de travailler sur 2 écrans, avait pu ramener un écran du boulot et pu l’installer sur la table basse qui lui servait désormais de bureau, le sofa-lit convertible lui servant de fauteuil… Elle a fait un tour chez l’ostéo depuis.

Le chef de la petite entreprise sait les conditions de travail de ses collègues, car il est proche d’eux. Mais il a tout de même sondé ses collègues pour savoir comment chacun souhaite « passer la crise ».

Et, il n’a pas interdit le télétravail, évidemment !… Car cette histoire est une fiction.

Une fiction simple qui pose de nombreuses questions, parce que la réalité est toujours différente de la prévision, et de ce qu’on imagine (c’est d’ailleurs pour cette raison que le syndicat avait fait un sondage « télétravail » en 2022 : https://diversiteproximite.wordpress.com/2022/05/12/teletravail-le-resultat-du-sondage-pose-question/; nous allons le refaire cette année)

  • Comment les salariés en 100% télétravail se sentent-ils ?
  • Comment les salariés en télétravail, même un jour par semaine, sont-ils exposés aux effets de la chaleur ?
  • Comment détecte-t-on qu’un salarié en télétravail fait un malaise ?
  • Puisque le télétravailleur est de fait un travailleur isolé, ne doit-il pas être équipé d’un dispositif d’alerte prévu par le code du travail ?
  • Combien de salariés, l’entreprise a-t-elle (encore) la capacité d’accueillir simultanément dans ses locaux ?
  • Comment l’entreprise indemnise-t-elle les salariés en télétravail pour prendre en compte l’aménagement par les salariés eux-mêmes d’un lieu de travail propice au travail efficace qu’elle attend d’eux ?
  • …. et sans doute d’autres… vous en avez, contactez-nous.

Pour conclure, le lieu de travail est un lieu de vie où, malgré tout, la bienveillance et l’action face aux défaillances de santé reste un acquis qui sauve des vies. Il ne faut pas l’oublier.


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