Les ESN (Entreprises de Services Numériques, ex-SSII) emploient plusieurs centaines de milliers de personnes en France, et « assument » en réalité la gestion des variations d’activité de leurs clients qui sont parfois de très grandes entreprises.
Certaines ESN mettent en oeuvre des pratiques très contestables en matière de gestion du personnel. D’ailleurs un récent article du journal Le Monde relayait le constat syndical de nombreux licenciements dont le motif toujours personnel est largement questionnable ! En effet, personne ignore que le marché est atone depuis plusieurs mois.
Ces licenciements participent de la minimisation du taux d’intermission, pour maintenir les marges et bénéfices… Et cette gestion du taux d’intermission, outre mesure, oblige une agilité sans pareille sur le marché de l’emploi. La lutte acharnée pour être la première ESN à pourvoir le besoin du client, nécessite de recruter rapidement….
Mais avec trop peu d’intermission, certains auraient-ils imaginé une technique pour se réserver la disponibilité immédiate de chômeurs pour répondre rapidement à toute opportunité ?
Avoir des personnels à disposition, sans les payer soi-même… Certaines ESN auraient-elles pris ce chemin ? Et si oui, les dirigeants auraient-ils envisagé que cela porteraient atteinte à la dignité des personnes vulnérables que sont les demandeurs d’emploi ? Rien est moins sûr…
Il y a 6 mois, le syndicat a donc adressé un signalement au parquet de Nanterre pour une possible utilisation frauduleuse d’un dispositif de recrutement de France Travail, caractérisée par la publication d’offres d’emploi fictives et signalement de faits susceptibles de caractériser abus de faiblesse et abus de confiance sur plusieurs demandeurs d’emploi
Sans réponse du parquet à ce jour, le syndicat peut désormais communiquer sans courir le risque d’une procédure « bâillon » de la part de l’entreprise soupçonnée.

