Les représentants du personnel vous le diront tous : en ce moment, les ingénieurs/consultants des ESN sont de plus en plus licenciés pour motifs personnels. La plupart estiment pourtant ne pas avoir commis quelque faute que ce soit, et emportent avec eux un sentiment d’indignité, avec ses conséquences durables.
Les fautes invoquées se classent généralement en 2 catégories
Les employeurs justifient parfois le licenciement par le non-respect d’une clause de mobilité contractuelle. Un collègue embauché en région parisienne aura refusé des propositions de mission en Province, au nord, au sud, à l’est….
… et à l’ouest. Car les employeurs trouvent fort regrettable que le consultant qui code en C sur des systèmes embarqués rechigne à s’engager pour une mission pour laquelle il sera amené à coder en C++. Et d’invoquer l’insuffisance professionnelle par exemple…
Alors avec un peu d’empathie, on imagine l’impact psychologique de la combinaison des dilemmes 1- d’avoir peut être à déménager, ou bien être en déplacement pendant plusieurs mois dans des conditions de défraiement incertaines, et 2- d’avoir à se projeter dans une activité qui ne plaît pas forcément ou pour laquelle les compétences manquent un peu.
… Et paff, le licenciement par dessus !
Au XXe siècle, les dirigeants respectueux de la Loi (Loi qui est somme toute le fruit d’expériences passées) déclenchaient les procédures collectives prévues lorsqu’ils pressentaient des difficultés économiques. C’était le temps du respect mutuel.
Il faut dire que les dirigeants étaient face à des salariés plus soudés… y-compris par le syndicalisme. Et en l’espèce, l’activité disséminée des ESN facilite grandement le « traitement » individuel des problèmes.
Des salariés sont licenciés en ignorant qu’ils peuvent se faire aider et conseiller par les membres du CSE (Comité Social et Economique) ou bien un syndicat dans l’entreprise ou en dehors.
Et les conseils du CSE ou des syndicats peuvent aider à rester digne…
Première aide : comprendre qu’un CDI est un contrat à durée indéterminée, qui peut donc être rompu à tout moment, par l’une ou l’autre des parties.
Pendant la période d’essai, on peut dire qu’il y a équilibre de la relation : tant le salarié que l’employeur peuvent se quitter sans expliquer quoi que ce soit.
Ceci étant, si la période d’essai permet au salarié de savoir si l’entreprise et le travail lui plaît, elle doit en même temps permettre à l’employeur de tester le salarié dans la fonction pour laquelle il a été embauché.
Pensez-vous qu’être mis devant un bureau à attendre, ou chez soi, ou même devant un ‘coding game’ de 1 heure permet à l’employeur de vous évaluer à la fonction à laquelle il vous a recruté ?
Passé la période d’essai un déséquilibre majeur fait son apparition. Seul le salarié peut démissionner. Il le fait pour de bonnes raisons qui restent souvent non explicites.
L’employeur ne peut au contraire que mettre fin à la relation en explicitant les raisons selon une procédure de licenciement. La procédure prévoit que le salarié peut être accompagné d’un représentant du personnel lors d’un entretien au cours duquel le salarié s’explique face aux griefs invoqués par l’employeur.
Pensez-vous que la subordination face à l’employeur ne réduira pas vos moyens et que vous serez en mesure de vous expliquer seul, sans l’assurance d’un soutien ?
La rupture conventionnelle comme son nom l’indique est une rupture convenue, négociée. Ce qui implique que chacun trouve convenable de se quitter. La procédure prévoit que le salarié peut être accompagné d’un représentant du personnel lors d’un ou 2 entretiens au cours desquels les conditions de la rupture seront négociées.
Pensez-vous que la subordination face à l’employeur ne réduira pas vos moyens et que vous serez en mesure de négocier les modalités, y-compris financières, de votre départ ?
Ce sont là les 3 ruptures les plus connues de toutes et tous. Mais il existe d’autres cas qui seront expliqués dans la prochaine publication. Et vous verrez, ce sera très intéressant !
Faites passer cet article à vos collègues actuellement en intermission dans une ESN-SSII !

