Comment Astek a fait disparaître plus de 200 postes de consultants en 2024 !

Si vous avez lu nos publications et celles d’autres formations syndicales, vous vous êtes sans doute rendu compte que de nombreux collègues d’Astek ont été sanctionnés par des licenciements ou rupture rapide de période d’essai en 2024. Et cela continue en ce moment même ! Une majorité sont évidemment des « consultants« .

Les guillemets autour du mot « consultants » posent question ? Et ce n’est sans doute pas que chez Astek. Explication.

Qu’est ce qu’un poste d’abord ?

Une entreprise est une organisation. Une organisation se définit par une structure hiérarchique qui coordonne différents métiers dans le but de produire quelque chose. Une ESN (ou SSII pour les plus anciens), comme son nom l’indique, produit du service.

Le fonctionnement de l’organisation est décrit par un organigramme qui structure toutes les fonctions qui sont nécessaires et contribuent à la production.

Chaque case de cet organigramme représente donc une fonction, à laquelle est associée une fiche de « poste« . Nous y voilà !

Chez Astek (mais sans doute pas que) il y a des centaines de salarié(e)s aux postes de « consultants » et aux postes d’ »ingénieurs développement« .

Astek (comme certainement beaucoup d’autres ESN) se passe allègrement du travail fourni par l’observatoire des métiers de la branche professionnelle (OPIIEC). Lequel fournit pourtant une base assez exhaustive de définitions de postes, pour le numérique, pour le conseil, pour l’ingénierie, et même pour les fonctions transverses.

cartographie metiers numerique

Les organisations syndicales demandent depuis des années la cartographie des métiers dans l’entreprise. Y-compris en faisant la proposition simplissime de reprendre partiellement les travaux de l’OPIIEC.

Mais la direction d’Astek s’en tient grosso modo aux 2 postes cités jusqu’ici. Sans d’ailleurs que l’on sache trop quels critères président à une proposition de contrat au poste de « consultant » ou bien au poste d’ »ingénieur développement« .

Et c’est bien pratique. Car un « ingénieur développement. » ou « consultant. » sait tout faire : il peut tantôt programmer en C, le lendemain faire du PHP, voire faire de l’AMOA. Et il ferait bien de répondre favorablement si on lui demande de dépanner une base de données… Choquant, pour qui sait de quoi on parle…

Ceci étant l’heure est aussi à la contrainte géographique organisée autour d’une clause de mobilité qui selon les témoignages, serait présentée comme accessoire pendant le recrutement. Ce qui n’est manifestement pas la cas. Le consultant de Paris se voit ainsi proposer des missions partout ailleurs qu’autour de chez lui, et l’ingénieur de Province se voit proposer des missions à Paris et ailleurs.

Les collègues devraient pourtant se méfier lorsqu’on leur propose une agence de rattachement à Boulogne Billancourt, alors qu’ils résident et ont une mission à Caen par exemple… Et inversement.

Que se passe-t-il alors en conséquence d’un refus de mission pour cause de défaut de compétences, ou pour cause de refus d’aller en mission loin de chez soi dans des conditions de défraiement incertaines ?

Un florilège de sanctions bidons !

Avec un tant soit peu de mauvaise foi un employeur peut s’offusquer : « il est absolument anormal, et sanctionnable, que le mouton à 5 pattes n’a en réalité que 4 pattes ! ».

Et donc, les collègues en intermission font face à diverses méthodes, que l’on ne détaille pas ici, pour leur casser cette 5e patte devenue gênante. D’autant qu’ils ont déjà été tondus, ajouteront certains 😉

Ceci étant, pris en troupeau, les collègues sanctionné(e)s ont des lettres et dossiers qui font peser de graves soupçons d’orchestration du départ de certain(e)s salarié(e)s.

Ces lettres, vos lettres, vos témoignages, pourraient servir à qui veut se défendre d’un licenciement injuste, voire d’une rupture conventionnelle initiée par l’employeur. Contactez-nous et faites passer le message.

Mais un élément important échappe à l’analyse. Si les collègues sanctionnés par des fautes graves (excusez du peu) de n’avoir pas été placés sur les missions, les missions ont-elles pour autant pu être confiées à d’autres salariés d’Astek ? La réponse semble trop souvent négative.

Et pour cause, il y aurait des missions factices… on rappelle utilement qu’une instruction est en cours par le parquet de Grasse.

Et sinon, l’employeur sans scrupule ira-t-il jusqu’à dire que, justement, la baisse d’activité constatée est la conséquence de la défaillance, de la mauvaise qualité du travail, de ces salarié(e)s sanctionnés.

Ira-t-il alors jusqu’à dire que le recrutement pourtant massif n’a même pas permis de compenser ces échecs ?

Un peu de sérieux est de mise.

Lorsque des postes disparaissent si massivement, ne sont pas remplacés, c’est qu’on n’en a plus besoin… Et donc les règles élémentaires et légales de gestion des compétences devrait amener à organiser le redéploiement de ces ressources sur d’autres fonctions de l’entreprise. Et peut-être la mise en oeuvre des dispositifs de sauvegarde de l’emploi pour une partie de l’effectif touché.

Il n’en est rien : la direction d’Astek a décidé d’imputer cette baisse de débouchés en « consulting » sur le dos des salariés. Elle a mis en avant des soi-disant fautes personnelles en lieu et place de licenciements économiques.

Et des fautes graves en plus ! Donc ni préavis ni indemnité. Chômage direct, merci l’assurance chômage. C’est tout bénéfice.

Et pendant ce temps là ?

En 2024 Astek se faisait prêter de l’argent. Et endettait encore plus l’activité, faisant ainsi augmenter pression financière sur la marge, et sur le taux d’intermission…

Or le dirigeant, Julien Gavaldon via une société de gestion, bénéficie d’un régime d’actions de préférences tout ce qu’il y a de plus légal : plus l’EBITDA (la marge) 2024 est élevé, plus ses actions de préférences (de performance) ont une valeur élevée ! Sans connaître encore les montants exacts, l’entreprise lui devrait donc au minimum 40M€ si l’EBITDA atteint 60M€ sur l’exercice 2024 (source Pappers / données publiques).

Mais pour sortir 40M€ il faut les avoir en banque. Donc accumuler de la trésorerie. Dès lors il n’y a pas de petites économies, y-compris au détriment des collègues.

Rappelons que Astek a déjà permis aux actionnaires de procéder à un rachat d’actions pour plus de 15M€ en 2024, et près de 50M€ en 2021.


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