Le Compte Personnel de Formation n’exonère pas l’employeur de gérer le parcours professionnel

Ceux qui travaillaient déjà avant 2015 on connu le Droit Individuel à la Formation (DIF). Ce dispositif a été remplacé par le Compte Personnel de Formation. On avait d’ailleurs rédigé une page sur ce changement.

En résumé, le DIF était un droit individuel géré par l’entreprise. Le CPF est un droit personnel géré par l’état et le salarié, et que l’employeur se contente d’alimenter chaque année…

Alors la réforme pouvait laisser croire que chaque salarié gère sa formation professionnelle, voire que le salarié est responsable de son parcours professionnel. En réalité il est fréquent que l’employeur, à l’occasion d’une action de formation pour le compte de l’entreprise, demande au salarié s’il veut bien la financer grâce à son CPF. La loi le permet. Reste à espérer que l’action proposée par l’entreprise aie bien lieu quand bien même le salarié refuserait l’usage du CPF… Rien est moins sûr, malheureusement.

En fait si le CPF permet d’accumuler des fonds pour se former à un moment dans sa vie professionnelle, la loi n’exonère pas l’entreprise de continuer à faire évoluer ses salariés pour adapter ou développer les compétences internes utiles à son « business ».

En effet, la loi prévoit que l’entreprise fasse régulièrement un bilan du parcours professionnel interne. Tous les 6 ans, un salarié a droit à un entretien professionnel (et un compte-rendu écrit) au cours duquel l’évolution de carrière est récapitulée (formations, certifications, évolution salariale…).

Donc tous les salariés de l’entreprise qui étaient présents en 2015 et sont encore présents devaient absolument avoir ce fameux état des lieux dès 2021. L’épidémie de COVID a repoussé un peu les échéances alors il est probable que certaines entreprises ne se réveillent que maintenant et s’empressent de produire des documents récapitulatifs parfois faux, en se passant d’organiser l’entretien d’état des lieux, et même en demandant aux salariés de contre-signer le compte-rendu de l’entretien fantôme !

Et pour cause, la loi a prévu que l’entreprise risque relativement gros : notamment verser 3000 euros sur le CPF des salariés qui ont été mal gérés !

Voilà, vous connaissez les enjeux. Ne signez jamais rien à l’aveugle.

Munissez vous de votre numéro de sécurité sociale et accédez à votre compte personnel de formation.


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