(2/3) Quitter dignement une ESN, en démissionnant plus ou moins…

Parmi les premiers conseils pour quitter dignement une entreprise de services numériques, se trouve la démission. Et première réaction : « Très drôle ! Démissionner alors que l’employeur me met la misère, c’est tout sauf digne !« . Mais en creusant un peu, on trouve quelque chose de plus drôle 🙂

Expliquer les raisons qui provoquent la démission

Il y a moulte modèles en ligne pour rédiger une lettre de démission, y-compris sur le site du service public. Ils sont toutefois adaptés à la situation la plus simple : « mon job ne me plaît plus, j’ai cherché ailleurs, j’ai trouvé, donc au revoir !« .

Mais quid des cas où la démission résulte d’un état de fatigue avancé, d’un dilemme insurmontable, d’une suite d’évènements que l’on prend (peut-être à raison) pour une sorte de pression ou harcèlement (peut-être dans le but de nous faire partir) ? …

Pour celles et ceux que l’employeur invite entre 4 yeux pour présenter le choix entre une rupture conventionnelle et un licenciement, le situation est claire… Le départ s’annonce, avec plus ou moins de souffrance.

Dans tous ces cas, pourquoi ne pas partir en expliquant les raisons qui provoquent la démission ?

C’est possible, voire conseillé ! Et cela s’appelle démissionner de manière équivoque. En gros, on démissionne mais on serait resté si ça allait mieux dans l’entreprise…

Les conséquences sont multiples

1- L’employeur se pose des questions, et c’est bien. Parce que parfois il ne voit pas tout…

2- L’employeur envisage que le salarié va peut-être demander au tribunal de prud’hommes de requalifier la démission en licenciement, avec indemnités et préjudice à la clé, ou demander sa réintégration.

3- Pour le salarié, en soi, rien de spécial au plan technique. Cela reste une démission comme une autre, qui donne droit au chômage après 4 mois de carence à condition de faire la preuve de rechercher un emploi.

4- Mais le ou la salarié(e) qui s’exprime sans crainte puisqu’il ou elle démissionne, se décharge du poids de tout ce qui restait non dit. Cet exutoire est réparateur pour beaucoup.
Par la suite, une action devant le tribunal de prud’hommes pourra rendre justice…

S’exprimer pour réparer en partie

Arriver au point de démissionner suppose que l’on n’a pas su ou voulu exprimer ses problèmes au sein de l’entreprise. Et pour diverses raisons, y-compris la peur des réactions, on n’a pas souhaité impliquer les représentants du personnel. Cela s’entend.

Mais au final, lorsque l’on dépose une démission équivoque, on n’oublie surtout pas de copier ou d’avertir le CSE et/ou un syndicat.

Car c’est le collectif du CSE et/ou des syndicats qui pourra mettre la pression au changement afin que d’autres ne subissent pas des pratiques contestables qui portent manifestement atteinte aux conditions de travail.

Service public : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2883

Petite lecture pour envisager le regard de l’employeur : https://www.editions-tissot.fr/actualite/droit-du-travail/demission-assurez-vous-de-la-volonte-claire-et-non-equivoque-du-salarie-de-quitter-l-entreprise


Publié

dans

par