L’actualité des ESN (Entreprises de Services du Numérique) est rythmée depuis dix ans par la pénurie chronique de talents (ou peut-être l’incapacité à faire évoluer les compétences des effectifs) et la transition massive vers le cloud. Désormais il faut composer avec les pressions économiques liées à l’arrivée de l’intelligence artificielle.

Les membres du syndicat partagent ici les informations qui rendent compte des évolutions économiques et sociales pour les salariés du secteur.

  • La société Cap Gemini utilise-t-elle le CIR pour financer une garderie de consultants en intermission ?

    Le Crédit d’impôt recherche (CIR) est un dispositif fiscal (qui coûte environ 8 milliards d’euros par an) visant à soutenir l’innovation en réduisant les impôts des entreprises selon leur volume de recherche. L’imputation sur une activité de recherche fait bénéficier d’un crédit d’impôt équivalent à 50% du coût, autrement du salaire (quand il n’y a absolument aucun matériel). Une enquête de « Complément d’enquête » révèle des pratiques contestables chez Capgemini, l’un de ses plus gros bénéficiaires avec 71 millions d’euros perçus en 2023 !

    Malgré une vitrine technologique séduisante, les laboratoires du groupe disposeraient en réalité de moyens dérisoires pour mener des travaux de recherche véritablement qualitatifs. Des employés et syndicalistes dénoncent un système orchestré pour maximiser ces aides publiques en y envoyant des consultants inoccupés entre deux missions.

    La question assez facile : votre ESN fait elle la même chose ?

    Source : France Info

  • Chez les consultants du numérique, un management et des départs brutaux

    Les salariés en intermission sont la cible prioritaire de pratiques visant à organiser leur départ rapide. Extrait « On les fait venir au bureau pour ne rien faire, on leur propose des missions inadaptées à leurs compétences ou loin de leur domicile. »

    L’entreprise construit des dossiers à charge, pour ensuite les licencier « pour des motifs ahurissants, et en réalité dérisoires. »
    On appréciera l’intervention d’un dirigeant du syndicat patronal Numeum qui tente d’expliquer que la baisse des effectifs est naturelle, et certainement pas liée au marché.

    Source : Le monde