Les collègues témoignent de plus en plus fréquemment que des managers les incitent à « monter leur boite », à devenir indépendant.
Choquant ?
En fait, un collègue, supérieur hiérarchique qui plus est, demande à un autre de quitter l’entreprise. Première chose, ça s’appelle une rupture de contrat à l’initiative de l’employeur. Deuxième chose, c’est déloyal par nature puisque cette proposition a pour effet de vider l’entreprise de ses ressources.
Mais imaginons que tout le monde n’y voie que du feu, qu’en pensez-vous ?
D’abord, cela n’est pas sans rappeler quelques affaires de salariés que des employeurs avaient fait démissionner pour les ré-employer en tant qu’auto-entrepreneur. Statut dans lequel on perd une grosse partie des assurances maladie, retraite et chômage, en partie dues par l’employeur. En « forçant » ce statut, l’employeur réalise alors des économies substantielles… autrement dit davantage de marge sur la pomme de l’ex-salarié.
Le salarié se trouvait souvent assez surpris de perdre des droits « sociaux », mal informé qu’il était : moins l’employeur et le salarié paient de cotisations, moins le salarié a de droits… (corollaire : plus l’employeur fait de la marge…)
Alors proposer de « monter ta boite » serait-ce une adaptation de l’utilisation frauduleuse de l’auto-entreprenariat ?
« Monter ta boite », des mots qui fleurent bon la réussite pour dire : faire du commerce de ton cerveau au moyen d’une structure juridique unipersonnelle inscrite au registre du commerce.
Quand les mots « juridique » et « commercial » surgissent, il est souvent préférable de creuser les tenants et aboutissants.
Au titre des tenants et aboutissants, on listera plusieurs choses : le fait de se chercher des missions par soi-même, le fait d’avoir un régime un peu spécial au regard de l’assurance chômage, le fait de devoir payer des frais de gestion par forcément très clairs (voir par exemple https://fedeps.fr/tag/portage-salarial-mediapart/)… et accessoirement le fait de n’avoir ni CSE ni syndicats évidemment.
« Monter ta boite »…. et être en « portage salarial » ?
Ben oui, tu montes ta boite mais tu restes salarié !….. « Hein ?? Tout ça pour ça ? », pense le lecteur perplexe.
Notre ex-salarié, devenu indépendant, mais en portage salarial s’apercevra notamment qu’il cotise à un certain nombre d’assurances au même niveau qu’un salarié, mais qu’il n’est pas payé entre 2 missions…
Vous étonnez-vous que des ESN-SSII créent des filiales de portage salarial ?…


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