Depuis l’arrêt de cassation du 6 Mai 2015 (13-25821), on sait définitivement que les augmentations et non-augmentations de salaire doivent être décidées selon des critères objectifs et vérifiables. Cela relève tout simplement du principe d’égalité de traitement.
L’entreprise s’efforce ainsi de définir les critères objectifs qui permettront de décider qu’un salarié, comparé à ses collègues, mérite une augmentation de salaire. Chez Astek, les critères, aussi peu objectifs et vérifiables soient-ils, sont par exemple, performance, potentiel, implication ou encore « adéquation du salaire au marché et cohérence interne »…
… « adéquation du salaire au marché et cohérence interne » ? Oui, c’est ce que certains salariés ont entendu dernièrement pour justifier leur non-augmentation: « tu n’es pas augmenté car ton salaire est dans les prix du marché », ou bien « ton salaire est trop élevé par rapport à tes collègues ».
Il est étrange que ce critère prévu pour les augmentations de ceux (et celles !) qui auraient un salaire trop bas, se transforme ainsi en critère de non-augmentation de ceux qui ont un salaire plus correct…
Ceux qui font cela ne sont ni malins ni logiques. Mais peut-être font-ils juste erreur, qu’ils sauront réparer.
En tout état de cause, ils font comprendre que, malgré un compte-rendu d’entretien annuel qui confirmerait la performance, le potentiel, l’implication, comparables à ceux d’autres collègues, le salarié ne serait pas augmenté en raison d’un salaire considéré comme trop élevé.
La justification est accompagnée d’un couplet de justice sociale, à savoir que « cette politique salariale est bien mise en oeuvre pour réduire les inégalités salariales ». Certes, « cohérence interne », dit le critère…
Et certes encore, c’est un objectif louable. Alors comme tout bon objectif, donnons nous donc les moyens de réduire ces inégalités, qu’elles soient entre les femmes et les hommes, les étrangers et les français. Affectons par exemple chaque année 1% du bénéfice à ce projet.
Mais ne finançons pas ce projet par la mise en oeuvre d’une inégalité de traitement, qui n’est ni acceptable ni légale…
… et qui fait dire à ceux qui ne sont pas augmentés qu’ils vont vraiment “lever le pied”… voire partir.
