Commençons par le commencement. Dans les sociétés de services, on a des missions.

Faire vivre la mission en cours…

Tout au long de la réalisation de la mission chez le client, il est absolument nécessaire de faire régulièrement un entretien de suivi de mission qui est l’occasion d’évoquer, avec son manager direct, la relation avec le client, les technologies en jeu, les formations qui seraient utiles, la pérennité de la mission…
Sur la forme, tout est possible. Officiellement on peut le faire à trois, c’est à dire en présence du responsable de la mission chez le client. Il est pour autant fort probable que des discussions aient lieu « en off » entre les différents acteurs. Laquelle de ces trois discussions possibles « en off » est-elle la plus importante ? C’est probablement celle de « l’équipe commerciale » que constituent le manager et le consultant, n’est ce pas ?…
Comme tout entretien, partager un petit compte-rendu écrit avec son manager est une bonne pratique pour éviter les discordes dans le futur. Un simple email reprenant rapidement les points évoqués et les actions décidées pour l’un et l’autre fera l’affaire…

Evaluer régulièrement son activité

Ce suivi de mission ne remplace pas l’entretien annuel, qui a souvent lieu autour de la date anniversaire d’embauche. Ses objectifs sont d’abord d’évaluer le travail réalisé tout au long de l’année, puis de préparer l’année à venir. Mais c’est aussi un moment d’expression qui doit avoir lieu dans un contexte apaisé, propice à un échange direct et honnête, sans crainte. La procédure d’entretien annuel est impérativement fournie ou disponible au préalable (CdT L1222-3). Les représentants du personnel doivent avoir été consultés et avoir rédigé un avis sur la procédure (CdT L2323-46).

Dans tous les cas, que l’entretien soit formalisé à l’aide d’une trame, d’un questionnaire ou d’un formulaire, il doit être préparé par les 2 parties, équipier et manager. Au mieux, dans les jours qui précèdent l’entretien, les deux parties doivent s’informer mutuellement de leur niveau de préparation. Il serait inéquitable (voire inacceptable) que le fonctionnement soit dissymétrique, en obligeant l’équipier à fournir son travail de préparation sans obliger le manager à la même chose.

Les évaluations de chacune des parties sont confrontées et discutées. Elles servent à identifier les axes d’amélioration et notamment les formations professionnelles qui pourraient être utiles.

Les objectifs discutés et établis lors de l’entretien sont clairement explicités, accompagnés de critères objectifs d’évaluation et de moyens à disposition pour leur réalisation. Ce n’est pas un exercice facile. Les critères sont souvent liés à des éléments de reporting, et ils doivent absolument être quantifiables. Les moyens peuvent être des volumes horaires dédiés ou encore des formations professionnelles.

L’augmentation (oui, oui, c’est bien le moment d’en parler ;)) est elle aussi discutée, au moins demandée. Elle s’appuie essentiellement sur le travail réalisé. Il n’est pas impensable qu’elle puisse être soit une incitation pour la réalisation d’un travail ou soit relative à l’affectation à un nouveau poste.

Au final, les 2 parties doivent s’entendre, et convenir du compte-rendu de l’entretien en le signant.

L’entretien annuel n’est pas obligatoire en soi, mais il est la marque d’un fonctionnement correct d’une entreprise qui entend gérer les compétences dont elle dispose et garantir une évolution de carrière à ses salariés.

Gérer son parcours professionnel

Reste l’entretien professionnel, tous les 2 ans, obligatoire depuis 2014 (CdT L6315-1). Il ne s’agit pas d’un exercice d’évaluation. Cet entretien porte sur les désirs personnels d’évolution professionnelle du salarié. En conséquence il devrait se dérouler avec la direction des ressources humaines. Il peut conduire à des actions de validation des acquis de l’expérience professionnelle. La loi établit par ailleurs que cet obligation est contrôlée tous les 6 ans pour garantir une action de formation, une évolution professionnelle, et l’éventuelle validation d’acquis de l’expérience.