Lire les procès-verbaux de CSE n’est pas facile, lorsqu’ils sont « mot à mot » comme on dit. Le nouveau CSE de SII à Sophia Antipolis a décidé de s’en tenir à des PV synthétiques. Et de mépriser le travail accompli par les prédécesseurs sur des sujets graves.
Lisez-les PV, faites vous votre avis, à l’aune de ces 2 évidences :
- le CSE est notamment là pour éclairer les salariés et assurer le respect des droits collectifs et individuels
- Les PV du CSE, éléments probants, de valeur juridique, doivent retranscrire les échanges, les positions de part et d’autre de la table du « dialogue social », et les décisions prises
Faites une pause. Lisez les PV de 2024, ça vous prendra 5 minutes…
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Alors, qu’en dîtes vous ?
Constat préliminaire : les élus minoritaires qui n’ont obtenu « que » 30% des suffrages, ont fait le choix de ne plus participer… On peut considérer que c’est dommage, voire carrément nul !
Mais sans doute ont-ils pris acte du rétrécissement du CSE au rôle de GO (Gentil Organisateur) au service de la direction de l’entreprise. Sans doute ont-ils compris qu’ils devraient eux-mêmes animer le dialogue avec la direction. Et qu’ils savent qu’ils devront essayer de convaincre la direction du bien-fondé de leurs demandes, mais aussi convaincre la majorité écrasante d’autres élus, qui manifestement ne se formera au rôle du CSE que par les bons conseils… de la direction…
La capacité à encaisser le mépris dépend des un(e)s et des autres. Le nouveau CSE de SII Sophia Antipolis a commencé très très fort.
Car le mépris du travail accompli par d’autres, et le mépris de la gravité de ce que certain(e)s ont vécu, est grand lorsque des élus d’un CSE en viennent à cacher le résultat d’une expertise pour risques graves sur la santé, ordonnée par un juge.
Allez, à la rigueur, rester confidentiel, ça passerait. Tout en prenant les mesures correctives pour régler les problèmes rapportés par l’expert. Mais même pas !
En effet, les élus en viennent même à discréditer l’inspection du travail qui s’inquiète pourtant d’un rapport d’expert qui mentionne « que le niveau de stress et d’angoisse au sein de l’entreprise est très fort. Certains salariés peuvent se sentir tellement désespérés ou en détresse qu’ils pourraient avoir des actions extrêmes, y compris le passage à l’acte, que cela soit sous forme de comportements autodestructeurs, de violence envers eux-mêmes. Il s’agit d’une situation extrêmement grave qui nécessite une action immédiate et appropriée« .
Manifestement le non-respect des obligations de l’employeur en matière de santé et sécurité, qui conduit à la faute inexcusable, ne fait peur ni à la direction de l’entreprise, ni peur aux élus.
Jusqu’au jour où un ou une collègue se sera fait du mal dans son bureau.
C’est du délire collectif. Pour quel objectif ?
Sinon, on peut considérer que la situation de l’emploi dans les ESN-SSII est telle, notamment du point de vue de la rotation de l’effectif, que l’on s’en fout un peu du CSE et de ses propres droits dans l’entreprise… « On prend ce qu’il y a, puis on se casse », pour certains.
Pour d’autres, ce n’est pas si simple. Avec un peu d’empathie, tout le monde peut comprendre ça. Et c’est là que le CSE retrouve un peu de son importance.

