En France, les entreprises sont tenues de publier leurs comptes annuels aux greffes des tribunaux de commerce, et de publier toute modification de leur structure juridique ou capitalistique dans un journal d’annonces officielles. On peut ainsi, tout à fait légalement, réaliser quelques petites analyses à partir des sources gratuites mises à disposition par infogreffe.fr, societe.com, verif.com ou encore bodacc.fr.
Les comptes
Au delà de l’information publique, les représentants du personnel, dans les entreprises qui en ont, sont informés et consultés chaque année sur les comptes de l’entreprise, et leur avis est consigné. Ils recourent souvent à un expert-comptable qui peut rédiger un rapport synthétique adapté à la lecture par les salariés.
Petit exercice sur la société de services informatiques ALTEN, en quelques petites questions:
– Combien cette société vend elle en moyenne la journée de travail de ses salariés ? Sur verif.com, le chiffre d’affaire réalisé par les 4940 salariés de la société en 2015 est de 465 268 000 euros. Donc c’est environ 94 000 euros par an, par salarié. Donc, pour 220 jours travaillés, 428 euros. C’est tout de même relativement approximatif car les 4940 salariés ne sont pas tous en prestation chez des clients.
– Quelle rémunération moyenne dans cette entreprise, cotisations sociales comprises ? 264 403 000 euros de salaires et cotisations sociales, donc un coût total moyen de 53 522 euros par salarié… En prenant un taux de cotisations patronales de 42%, on calcule un salaire annuel brut moyen de 37 691 euros.
– Combien cette société génère-t-elle de bénéfice par salarié par an ? Le résultat net (après impôts, distribuables aux actionnaires) est de 34 314 000 euros. Donc un bénéfice de 6946 euros par salarié !
La structure juridique
Les formes juridiques sont nombreuses et ont chacune des avantages et inconvénients selon les contextes et la volonté des dirigeants, bien conseillés par des spécialistes du droit des affaires.
N’importe qui peut facilement savoir si son entreprise est cotée en bourse et/ou appartient à un groupe de personnes ou de sociétés. Pour les sociétés autres que sociétés anonymes (SA), la liste des actionnaires peut-être trouvée facilement.
D’ailleurs, les SA, cotées en bourse, sont par définition ouvertes au public. Cette particularité impose légalement à ces dernières de communiquer régulièrement leur état de santé. De fait, tout actionnaire, même avec une seule action, a non seulement accès aux rapports de gestion mais a le droit de s’exprimer annuellement lors de l’assemblée générale des actionnaires.
Il est aussi relativement facile de savoir si l’entreprise a des filiales, autrement dit, si elle est actionnaire d’autres entreprises, en France ou à l’étranger.
L’information publique permet aussi d’identifier clairement les dirigeants. En général ces dirigeants, nommés par les actionnaires, sont dits « mandataires sociaux » et sont responsables de tout ce qui se passe dans l’entreprise. Ils peuvent être traduit en justice, en personne, si des faits graves surviennent. Leur rémunération n’est pas versée par les actionnaires, mais bien par l’entreprise elle-même…
Faisons l’exercice sur Astek:
– Je cherche Astek, et je trouve plein de sociétés ! Pourquoi ? Les informations sont historiques et montrent ainsi des sociétés ou établissements qui n’existent plus à ce jour.
– Qui détient (groupe) Astek et quelles sont ses filiales ? Dans la myriade de société portant le nom Astek, l’une d’entre elles se distingue: (groupe) Astek. Son nom évoque bien qu’elle chapeaute les autres, mais cela ne rend pas pour autant la filiation évidente. Toutefois les informations données par societe.com cartographient les mandats sociaux des dirigeants. Ils révèlent que Julien Gavaldon a un mandat sur des sociétés dont le nom commence par A… [stek]… Et puis Jean (Luc) Bernard, président du conseil de surveillance de (groupe) Astek, est aussi à la tête de Robinson Technologies…
