Chez SII, le syndicalisme n’est pas très apprécié

Le syndicalisme n’est pas très apprécié chez SII, comme le montre l’échange ci-dessous publié il y a déjà quelques temps sur reddit.

SII était une entreprise cotée en bourse. Le capital étant ouvert au public, l’entreprise était soumise à des publications obligatoires. Le rapport annuel, comme celui-ci, balaie de nombreuses thématiques, y-compris sur les règles sociales.

Normalement, si le dialogue social fonctionne bien dans une telle entreprise, les organisations syndicales ne trouvent rien qu’elles ne connaissent déjà dans ces rapports. La loi veut en effet que les représentants des salariés puissent s’exprimer de manière éclairée, donc avec les données opérationnelles et financières quasiment identiques à celles dont disposent les dirigeants.

Maintenant que la société n’est plus cotée en bourse. Son capital est fermé. Seuls les fondateurs et directeurs semblent d’ailleurs avoir le droit d’être actionnaires. Les salariés non…
Il y a même fort à parier que les directeurs ne vont plus être salariés, mais vont être rémunérés en « management fees, honoraires de management » par l’entremise de sociétés de conseils en management… Honoraires auxquels viendront s’ajouter des dividendes, ou opérations de rachats d’actions.

Rachat d’actions ? Oui l’entreprise octroie des actions gratuites aux dirigeants, puis les leur rachète quelques temps plus tard… choquant ? Cette technique passe assez inaperçue, et évite notamment de faire de trop grosses distributions de dividendes (que le peuple n’aime pas trop). Mais l’effet est le même pour les poches des actionnaires.

Passé ce petit interlude financier fort intéressant, que penser de l’évolution du syndicalisme dans l’entreprise, notamment de l’évolution des informations qui seront transmises aux salariés via leurs représentants ? Avec la disparition de certaines obligations de publications, la qualité de l’information va sans aucun doute diminuer…

Et le levier de la valorisation boursière n’existe plus. Une petite difficulté sociale médiatisée était potentiellement de nature à faire varier le cour de bourse. Cela n’est plus.

Alors qui veut parier que chez SII, le syndicalisme a du plomb dans l’aile ?


Publié

dans

par

Étiquettes :